à propos

Duška, cosmos matriciel
En quête de lumière, l’œuvre de Duška traduit cette ferveur mystique qui ne doit rien à la bigoterie mais tout au mystère. Elle évoque une sorte de rêve des planètes, ainsi qu’un univers à la fois océanique et intergalactique où l’air et l’eau s’entrelacent dans la rondeur. Tous deux participent à l’harmonie des sphères à laquelle les pythagoriciens ont voué leurs études et leur contemplation.
Duška nous conduit ainsi vers le cosmos matriciel, la Mère universelle qui nous engendre, nous autres les êtres de songes et de sang, d’astres et d’algues, puisque nous sommes à la fois poussières d’étoiles et rejetons du monde marin.

Jean-Noël Cuénod

DUŠKA – Il est des temps… Il est un temps…
Il est …un entre-deux; l’œuvre de Duška nous entraîne dans l’aventure des entre-deux! Mondes mouvants par excellence: entre-deux terrestres, ciel-terre, entre-deux lumières…
La lumière ouvre le passage, ou les passages; c’est elle qui pousse à poursuivre. Hantée par la capture de la lumière, Duška veut non seulement la décrypter mais la saisir, s’en nourrir et en transcrire la Beauté, l’essence même.
Depuis de nombreuses années, elle s’efforce de l’apprivoiser, d’un monde à un autre: lumière de la terre, lumière des autres planètes, d’autres galaxies, lumière entre ce monde et… l’autre, cet Au-Delà fascinant: on sait si peu de choses de cet entre-deux, entre deux vies! Patiemment, par les glacis, par ces milliers de points, elle figure ce flot arc-en-ciel.
Ce ne sont point les considérations physiques et scientifiques qui l’intéressent mais la lumière du Temps. Avec elle, nous nous retrouvons à voyager dans ses arcanes, aux confins des transmissions, aspirations, interrogations philosophiques et spirituelles, révélant des mondes fragmentés, recomposés, riches des accumulations ancestrales.
Les bleus, les orangés nous font voguer entre des cieux étoilés, donnant chair à l’invisible – dont elle aimerait tant déchirer le voile! et à l’inexprimable.
Et sa peinture se fait musique, se fait silence, ce silence qui magnifie les mélodies, les symphonies, peinture porteuse des luminosités millénaires.
Bleu de Prusse ou bleu roi, bleu lavande ou bleu électrique, orangé ou corail, ces luminescences dévoilent un lien puissant avec le sacré, avec l’héritage de l’humanité. Lumières, lueurs, clartés accentuent, densifient ou allègent l’immensité : miroitement, fondu-enchaîné, camaïeux, les lignes se brouillent, les couleurs vibrent en une polyphonie aux temporalités multiples, ritualisées.
Espace et Temps se rejoignent alors : il n’y a plus qu’un présent d’Eternité où les mondes fusionnent : quintessence originelle.
La lumière du Temps, hors champ, hors temps, issue de l’essence même de la vie, ouvre la porte des espaces, la porte du ciel, cette porte subtile de” l’absence-présence”, celle des au-delà, là où il n’y a plus que l’indicible, profondeurs intimes, un cœur à cœur où les temps se content.
L’œuvre de Duška dialogue avec cette Mémoire des temps, des origines, des hommes; elle en sublime les entre-deux, pleinement ressentis – “Homme, qu’as-tu fait de leur temps ?” pourrait-elle dire. Mémoire des âmes…
Espaces sacrés, au milieu du Temps, hors du temps, ils se racontent !

G-Léo